

01 Réseaux : Faut-il descendre en deçà des 50 % le niveau de participation de l’Etat dans le capital de France Télécom ?
Lionel Jospin : A l’heure actuelle, l’Etat dispose de 54 % du capital de France Télécom et ne peut pas descendre en dessous de 50 %. Pour ce qui est de l’avenir, nous ferons ce qui nous apparaîtra le plus conforme au développement de l’entreprise, à l’intérêt de ses salariés, et à sa capacité à assurer, dans les meilleures conditions, un service public essentiel.
Jacques Chirac : Cette question de doit pas être abordée de manière idéologique mais avec pragmatisme. Une réduction en deçà de 50 % de la part de l’Etat dans le capital de l’entreprise n’est pas un tabou.
Elle ne pourrait cependant être envisagée qu’afin d’accroître la concurrence au bénéfice des consommateurs et surtout de permettre à France Télécom de disposer des moyens de nouer des partenariats industriels et de financer son développement. En tout état de cause, le statut public des agents de France Télécom ne serait pas remis en cause.
Jean-Pierre Chevènement : Le contrôle par l’Etat de France Télécom constitue un des moyens à sa disposition pour mettre en oeuvre sa politique, comme actuellement le développement rapide des accès Internet à haut débit.
S’il est rentable pour un opérateur privé de proposer des offres ciblées sur les entreprises dans les quartiers d’affaires ou certaines zones d’activités, la mission de France Télécom qui consiste à offrir un service de qualité sur tout le territoire national sans discriminations géographiques l’est sans doute beaucoup moins. Une privatisation totale de France Télécom aboutira à privilégier une logique de profits financiers au détriment des intérêts à long terme du pays.
Propos recueillis par mail par Henri Bessières, 01 Réseaux
Lien vers le rapport Larcher