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vendredi 21 novembre 2008

 

France Télécom : la spirale qui fâche

 
Les représentants syndicaux de France Télécom ont dénoncé, à l’occasion d’un colloque, les conséquences de la logique d’endettement de l’opérateur historique.

« Purges, assainissement, démesure », tels sont les mots employés par les représentants du syndicat Sud-PTT pour décrire le développement actuel des groupes de télécommunications.

A l’occasion d’un séminaire de réflexion sur l’avenir des télécoms, organisé par le syndicat, ils ont insisté sur « la spirale fatidique » dans laquelle les opérateurs se sont engagés.

Des frais financiers supérieurs à la masse salariale

Michelle Brisson, déléguée syndicale chez France Télécom, n’a pas hésité à démontrer, chiffres à l’appui, les risques de faillite du groupe : « La crise trouve sa source dans le lien de dépendance entre l’opérateur et les marchés financiers. », a-t-elle expliqué.

Selon elle, la dette de France Télécom, qui s’élève à 63 milliards d’euros, génèrera des « frais financiers de 4 milliards d’euros pour 2001. Ces coûts sont supérieurs à la masse salariale pour cette année, qui ne dépasse pas 3,5 milliards d’euros ».

France Télécom est donc entrée de plein fouet dans « le cercle vicieux de l’endettement », s’obligeant à développer une stratégie de court terme, avec des « purges » supplémentaires dans la masse salariale. Le groupe entend d’ailleurs licencier 3 000 personnes chez Equant et 7 500 salariés dans la maison mère en 2002.

« C’est tout le potentiel de développement et de qualité de service de l’entreprise qui est remis en cause par la pression financière », estime la déléguée.

Quand l’Etat partira...

Michelle Brisson a d’ailleurs précisé que FranceTélécom se désengageait déjà de certaines zones non rentables, et qu’elle délaissait certains segments d’usagers pour se tourner vers ceux présentant un meilleur potentiel d’achat.

En ce sens, le désengagement total de l’Etat du capital de France Télécom, vraisemblablement repoussé après les élections présidentielles, représente pour le syndicat un risque colossal pour le service public et pour l’opérateur historique. Ce dernier pourrait alors connaître le même avenir que AT&T, « proche de la faillite », ou British Telecom, « qu’on démantèle peu à peu ».

Aussi a-t-elle lancé un appel : « Les jeux ne sont pas faits, l’évolution de France Télécom est ouverte. On sait où le groupe veut aller, on sait que c’est très mauvais pour le service public et pour le personnel. Le futur dépendra donc essentiellement de notre capacité à nous mobiliser pour que l’Etat revienne sur sa décision. »

 
 
Publié le jeudi 11 octobre 2001

 
 
 
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