![]() ![]() Télécoms : Trois candidats livrent leurs positions
Le monopole de France Télécom dans les services fixes
Jacques Chirac et Lionel Jospin s’accordent sur la nécessité de développer la concurrence dans ce secteur mais estiment indispensable la régulation de l’Etat.
01 Réseaux : La plupart des opérateurs privés dénoncent une « reconstitution du monopole » de France Télécom dans les services fixes. Envisagez-vous des mesures concrètes afin de relancer la concurrence dans ce domaine ? Lionel Jospin : La fin du monopole de l’opérateur national et l’émergence d’une pluralité d’acteurs posent la question des conditions équitables d’accès au marché. La baisse des prix et l’amélioration de la qualité des services pour l’ensemble des utilisateurs passent par le développement de la concurrence dans le secteur des télécommunications. Il appartient au régulateur national, conformément à la mission qui est la sienne et qu’il exerce avec vigilance, dans un environnement économique et juridique en rapide évolution, de veiller à un juste équilibre entre l’ensemble des acteurs en favorisant le développement continu de la concurrence entre les opérateurs et la baisse des coûts qui bénéficie aux consommateurs. Jacques Chirac : La concurrence doit être favorisée dans tous les services de télécommunications afin d’accélérer la baisse des tarifs. Pour permettre un plus large accès des Français aux nouvelles technologies de l’information, l’offre ADSL doit être favorisée par la concurrence sur la boucle locale téléphonique. Cela suppose que les barrières tarifaires et non tarifaires opposées aux nouveaux opérateurs soient levées. L’Etat, en tant qu’actionnaire majoritaire de France Télécom, a dès aujourd’hui les moyens de l’imposer. Il doit prendre ses responsabilités, au nom de l’intérêt général. Il faudra sans doute aussi renforcer le rôle des autorités de régulation. Jean-Pierre Chevènement : Les tensions entre France Telecom et les autres opérateurs révèlent simplement les lacunes du modèle ultra-libéral dans des domaines comme la téléphonie fixe, l’électricité ou le transport ferroviaire qui nécessitent des investissements colossaux à long terme dans des structures ne pouvant pour cette raison être dupliquées. L’organisation du marché passe alors nécessairement par les arbitrages d’une autorité de régulation, ce qui conduit à des contestations et à des pressions. La mise en concurrence des opérateurs peut aboutir à un meilleur service rendu aux consommateurs et à une baisse des coûts, si l’intérêt général est bien défendu par l’Etat. Mais une libéralisation totale mal conduite risque de déboucher à terme sur des catastrophes comme on le voit pour l’électricité en Californie ou le rail en Grande-Bretagne, personne ne se souciant plus de l’intérêt général. Source : 01 Réseau
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