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vendredi 21 novembre 2008
Quand va-t-on en finir avec la chimère UMTS ?
Le monde des télécoms est empêtré dans un problème dont l’issue pourrait déboucher sur une catastrophe financière et sociale sans précédent dans l’histoire du secteur.
Petit regard dans le rétroviseur :
A la fin des années 90, les fournisseurs d’infrastructures et de mobiles, avec à leur tête Nokia et Ericsson, réfléchissent aux « relais de croissance » qui leur permettront de maintenir leurs solides positions sur le marché. Ils savent fort bien que l’explosion du GSM est en fin de course et que le marché du mobile, qui s’est ainsi créé ex nihilo, va rapidement se transformer en un marché de remplacement.
Alors, que font-ils ? Ils exercent un puissant lobby auprès des commissaires européens afin qu’ils poussent les pays membres à attribuer, au plus vite, des licences UMTS. Bien sûr, la démarche est totalement contraire aux lois du marché - il s’agit de décréter, au sens légal du terme, qu’un marché existera en 2002 pour des applications UMTS. Mais qu’importe, il s’agit de préserver, à tout prix, la poule aux œufs d’or : nouvelles infrastructures, nouveaux mobiles, bref, une remise à zéro des compteurs de l’aventure mobile.
Et les pays d’emboiter le pas aux fournisseurs : par l’intermédiaire de leurs régulateurs, et alors que la bulle internet est gonflée à bloc, les enchères leur rapportent plus de 130 milliards d’euros à travers l’Europe : on assiste en direct à un hold-up des gouvernements sur les industriels des télécoms.
Et maintenant, une fois la griserie passée, que découvre-t-on ?
- 1- Les opérateurs historiques sont financièrement exangues (inutile d’insister sur ce point, tout le monde lit la presse). Et les investissements UMTS n’ont pas encore démarré : restent encore près de 300 milliards d’euros à dépenser pour la création des réseaux…
- 2- La technologie UMTS n’est pas au point. Certes, les démos qui ont été présentées jusqu’à maintenant semblent rasurantes, mais il ne s’agissait que de réseaux expérimentaux comportant un très faible nombre de mobiles. D’après certaines sources bien informées, il semblerait qu’un réseau UMTS en charge ne délivre plus qu’un débit fort restreint aux mobiles, voire ridicule…
- 3- Le concept de « data haut débit mobile » est pris en ciseau entre un débit trop important (100 kbits/s) pour un utilisateur en déplacement, et trop faible pour un utilisateur fixe. En effet, les applications utilisables en mobilité ne demande guère plus que ce qu’offre actuellement le GPRS. Et un client fixe préfèrera utiliser son ordinateur pour accéder au net ou recevoir ses mails, ne serait-ce que pour une question de confort d’utilisation. D’ailleurs, des solutions bien meilleures que l’UMTS existent déjà pour un ordinateur fixe ou semi mobile : le réseau d’entreprise, le DSL ou le WLAN…
- 4- Les cerveaux marketing des opérateurs se sont essorés jusqu’à la dernière goutte de matière grise pour trouver une « killer ap ». Des forums, des conférences, des sondages, des hordes de consultants ignares et grassement payés plus tard, tous constatent que la killer ap est aussi furtive qu’un neutrino. Introuvable. On n’ose pas (encore) dire : inexistante. En fait, j’exagère, ils en ont trouvé une : la voix « PLUS ». Il s’agit de la voix, avec une qualité meilleure que celle des mobiles actuels. C’est l’enclume qui écrase le moucheron…
- 5- Les implications opérationnelles liées à la mise en place de l’UMTS apparaissent, au bas mot, cauchemardesques. La densité de sites nécessaires à la fourniture d’une qualité de service à peu près uniforme dans les zones couvertes est bien supérieure à l’existante. Autrement dit, on est reparti pour une installation masive d’antennes supplémentaires. Pour la France, on parle d’environ 30 000 nouveaux sites, localisés, bien entendu, dans les zones dites « intéressantes », donc les zones à forte population. Et tout cela dans le contexte actuel de paranoïa suraigüe sur les risques des ondes sur la santé et la pollution visuelle : impossible…
- 6- L’UMTS est une catastrophe financière. Les business plans ont tourné dans tous les sens, Excel a été chauffé à blanc sur tous les scénarios possibles. La conclusion reste invariablement la même : le prix de revient est beaucoup trop élevé, il dépasse largement ce qu’un ménage est capable de dépenser pour les services data mobiles, même si on imagine que des lignes de budget, dépensées aujourd’hui sur d’autres produits, pourraient se transférer sur l’UMTS (on peut penser, par exemple, aux jeux, aux voyages, etc.). Et j’ose à peine parler des coûts d’acquisition d’un client data : ces derniers explosent, gonflés par les efforts de communication - évangélisation et par les coûts des terminaux.
- 7- N’oublions pas que le réflexe internet, aujourd’hui encore, est celui de la gratuité. On paye pour l’accès à Internet, on ne paye guère (ou très peu) pour le contenu qu’on y trouve. Et ce tropisme sera d’autant plus marqué si le client utilise un terminal dont le confort de visualisation est beaucoup plus frustre que celui d’un écran de PC. Je joue gratuitement sur des jeux en ligne avec l’ADSL, je ne vois pas pourquoi je paierais à l’acte pour des jeux en ligne sur un terminal dont l’écran est beaucoup plus petit…
Tous les décideurs connaissent depuis plusieurs années l’existence de ces blocages cruciaux. Alors, comment ont-ils réagi ?
- Certains opérateurs ont abandonné avant même d’avoir commencé : Suez, Telefonica en dehors de l’Espagne, Deutsche Telekom en France. Mais il est vrai qu’ils étaient dans la position, très inconfortable, du dernier entrant…
- Certains propriétaires de licences commencent à demander grâce : Orange, par exemple, souhaite repousser à 2006 l’ouverture de réseaux UMTS dans quelques pays. Telefonica a déprécié, dans ses comptes, la valeur de la licence UMTS qu’il a achetée.
- D’autres repoussent silencieusement le déploiement de l’UMTS, pensant ainsi se donner le temps d’y voir plus clair et d’étaler les investissements. Des équipes entières se retrouvent ainsi l’arme au pied. Elles se reconnaîtront.
- Les constructeurs, eux, font semblant de continuer à y croire. Et notre constructeur national, dont la part de marché wireless est ridicule, pense pouvoir tirer avantage du retard actuel d’Ericsson et de Nokia : la fuite en avant se poursuit.
Que peut-il arriver maintenant ? Quatre scénarios :
- 1- Un constructeur se décide, courageusement, à jeter l’éponge sur l’UMTS. Tous les cours s’effondrent, ce qui précipite la concentration, inévitable, des sept acteurs en présence dans le secteur de la construction d’infrastructures (Ericsson, Nokia, Alcatel, Siemens, Motorola, Nortel, Lucent). J’ai fait exprès de ne citer ni Marconi (en mort clinique), ni Cisco (tapi dans l’ombre avec 2 milliards de dollards de trésorerie disponibles).
- 2- Les constructeurs maintiennent leurs positions, mais un opérateur majeur jette l’éponge sur l’UMTS. Il serait même en droit d’attaquer l’Etat en justice, voire l’Union Européenne, pour se faire rembourser une licence devenue inutilisable. La conséquence est identique au cas précédent, avec plus de moyens financiers gâchés sur l’UMTS, tant par les constructeurs que par les opérateurs.
- 3- Les constructeurs et les opérateurs restent dans le politiquement correct, les premiers réseaux s’ouvrent et il n’y a pas de marché. Gâchis terrible. Qui aura payé ? Les actionnaires, les bond holders, les banquiers et, pour certains historiques, les états. (Là, il faut s’écarter de la notion bo-bo que c’est bien fait pour les riches financiers. Nous sommes tous de petits porteurs d’actions ou d’obligations, et le séisme financier risquera d’entraîner tous les secteurs d’activités dans leur chute).
Voilà, à vous de choisir. Vous dites ? J’avais écrit quatre scénarios ? Ah oui, j’oubliais....
Quatrième possibilité : un miracle. Ça marche et ça se vend. Vous me trouvez cynique ? Vous avez raison, mais le monde du business est cynique. Des preuves ? Allez, je vous donne deux pistes.
- 1- Les opérateurs historiques maintiennent délibérément leur position favorable à l’UMTS pour tuer leurs concurrents, une bonne fois pour toutes. Car s’ils viennent à étouffer sous les investissements massifs de l’UMTS, ils disposent de lignes de cash flows récurrents sur les activités fixes. Et, s’ils viennent quand même à mourir, c’est que leurs concurrents seront morts bien avant eux. Victoire à la Pyrrhus…
- 2- Il se pourrait que certains opérateurs, tels que nous les connaissons actuellement, ne constituent que les premières lignes de combattants sortis trop tôt de la tranchée. S’ils maintiennent leur entêtement à déployer de l’UMTS, ils mourront. Et d’autres les rachèteront pour rien (pourquoi pas un petit LBO de fonds d’investssements et d’industriels des télécoms, dans quelques années, quand le marché se sera assaini ?). Ces derniers disposeront donc, pour rien, d’actifs de grande valeur (licence UMTS payée, réseau déployé et payé, clients). Le problème du prix de revient s’évapore. La question de la pertinence du marché aussi : qu’importe que quelque chose qui n’a rien coûté se vende assez mal ?
Vive la vie ! Le secteur des télécoms nous prépare une belle tragédie. Installez-vous confortablement dans vos fauteuils, baissez la lumière et admirez ce qui va suivre…
Suite du feuilleton UMTS :
BRUXELLES, 26 octobre (Reuters) - Les opérateurs télécoms pourraient bénéficier en Belgique d’un
nouveau report pour le lancement de leurs services de téléphonie mobile de troisième génération,
à moins que l’Union européenne ne décide d’un calendrier pour chaque pays.
Le ministre belge des Télécommunications Rik Daems a déclaré vendredi que l’IPBT, le gendarme des
télécoms, avait donné accepté la demande des trois opérateurs mobiles du pays de repousser le
lancement des services 3G de 15 mois, soit jusqu’à décembre 2004.
Publié le dimanche 10 novembre 2002 Mis à jour le samedi 2 juin 2007
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> Quand va-t-on en finir avec la chimère UMTS ?
15 novembre 2002 [21:46], par nicolas
Horrifié par l’affirmation -venant d’un membre de l’ADFE - que nous serions tous des petits porteurs d’actions ou d’obligations. Personellement je n’en ai pas et meme si on me verse de l’interessement et de la participation (j’ai demandé sans succès de ne pas en toucher) je n’y toucherai jamais et je me réjouis de la chute des cours et de la meme chute de la S.A. France Télécom .Cela prouve au moins que le statut d’administration comme auparavant peut etre un plus.
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>"...Horrifié par l’affirmation -venant d’un membre de l’ADFE - que nous serions tous des petits porteurs..." .../etc..."
Non, il ne faut pas le prendre "au pied de la lettre" !!!... Et je ne suis moi même pas un "petit porteur" d’actions ou autres obligations... de FT ou autre d’ailleur....
Pour recentrer le débat, les pages Web ANDFE-PTT ont aussi vocation à l’information et à l’ouverture d’esprit. Ces pages sont libres à ceux (et celles...) qui veulent y collaborer et il est manifestement impossible, -si l’on veut avoir un certain contenu-, de se cantonner uniquement aux informations de notre association (au sens stricto-sensus).
Que seraient ces pages s’il n’était publié que les attendus de certains jugements ? ou uniquement le descriptif des affaires en cours qu’il est d’ailleur difficile de publier vu justement le caractère juridique de nos actions menées ?, ou bien le compte rendu de notre dernière Assemblée Générale ? etc... etc...
Voyons les choses de manière positive, le site est vu par plusieurs centaines de personnes par jour (nos adhérents, les sympathisants mais aussi tous nos lecteurs venant des différents moteurs de recherche Internet, etc...). N’est-il pas plus judicieux d’ouvrir notre regard sur le monde extérieur et par la-même nous faire connaîre, voir faire reconnaître notre courant de pensée ?
Ces pages Internet sont nos pages et profitons de ce formidable média qu’est Internet pour nous y exprimer, tous et chacun avec nos idées ! Ces pages sont aussi un témoignage de notre histoire et j’en profite pour appeller tous ceux qui, volontaires à l’expression, voudraient y publier leur prose.
Ces pages resterons même lorsque "notre cas" sera réglé et enterré... et vous n’imaginez pas, -lorsqu’on lit les pages des logs du serveur-, a quel point elles peuvent en déranger certains....
Participons ensemble à continuer notre lutte.
Amitiés
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