

Collègues et camarades,
Ainsi que vous ne pouvez l’ignorer, nous avons été iniquement révoqués le 6 août 2002 par France Telecom SA. Conformément à notre prestation de serment, nous avions signalé aux autorités administratives qu’outre les violations à notre égard du statut général de la fonction publique de l’Etat, les cadres supérieurs de la DR Paris s’adonnaient à des activités commerciales - la SDR SIRET : 428 083 612 00013 - contrevenant audit statut et au code pénal. (art.25 titre I ; art. 432-13 du code pénal ; décret du 17 février 1995 et sa circulaire d’application du 19 février 1995). Nous reprenions, d’ailleurs, les informations que vous aviez, CGT, SUD et CFDT, diffusées par voie de tracts et de courriers rendus publics sans être démenties.
Le 31 juillet 2002, les représentants syndicaux, CGT, SUD, CGT-FO et CFDT appelés à siéger à la “ CAP ” déclaraient :
« Et refusaient, tout à leur honneur, de participer à la parodie de procès mise en scène par France Telecom SA. Le 6 août 2002, les mêmes refusaient de participer à la violation de droit que constituait cette deuxième convocation hors délais. »
Pour nombre d’entre vous, vous avez, à juste titre, considéré et affirmé par lettres et tracts qu’il s’agissait de révocations pour délit d’opinion. Nous sommes convaincus que vous aviez grandement raison !
Pour preuve, l’acharnement que met aujourd’hui France Telecom SA à ne pas exécuter la décision de justice du 11 mars 2004 qui nous fait droit. Pire, par le truchement de Madame Evelyne Malach, directrice des ressources humaines de la DR Paris, France Telecom SA vient d’inventer la “ réintégration juridique ”. Cette prétendue situation administrative nous place dans une position qui n’est ni réglementaire, ni statutaire et nous prive du revenu de misère qu’est le RMI, avec lequel nous survivons depuis maintenant vingt-deux mois.
Certes, Madame Malach est coutumière du fait, puisqu’elle est à l’origine de multiples sanctions qui ont privé des collègues de leurs traitements et qu’il s’avère par différents jugements du Tribunal administratif de Paris que cette personne est incompétente quant à la gestion des fonctionnaires de l’Etat.
Le 6 mai dernier, devant la 18ème chambre sociale du Tribunal de Grande Instance de Paris, à la surprise de l’avocat général, l’avocate de France Telecom SA, Maître Bost, réaffirmait la volonté de son client d’instruire, pour les motifs que vient de juger le tribunal administratif de Paris, un nouveau procès en sorcellerie ; marquant par-là son mépris de la décision de justice.
Aussi, par delà notre sort personnel sur lequel il ne saurait être question pour nous de céder, il en va des droits et des libertés démocratiques fondamentales dans notre pays. Il est, en effet, extrêmement grave que dans une entreprise dont l’Etat détenait, il y a encore peu, la majorité du capital, se soit développé un tel mépris des droits humains. Laisser prospérer de telles mœurs risque fort de ramener notre pays aux heures les plus sombres de notre histoire : l’Affaire Dreyfus et le régime de Vichy.
Pour ces raisons, nous sommes prêts à vous rencontrer pour engager une campagne publique et faire venir à jour les dizaines, voire les centaines, de dénis dont souffrent nombre de collègues et qui les détruisent. Les intérêts boursiers sont antinomiques avec la vie et la dignité des hommes et des femmes qui travaillent.
Avec nos salutations, le 18 mai 2004,
Jean-Pierre Blouch
55 Rue Marcelle
93260 Les Lilas
Jean-Claude Bolmin
26 Avenue Anatole France
93500 Pantin
Michel Calmettes
13 Rue Crespin du Gast
75011 Paris